EDITO

PPP - Le retour

Nos meilleurs maîtres sont paraît-il nos echecs. La région Ile de France permet d’en douter.

 

Entre 1988 et 1997 le Conseil Régional d’Ile de France avait engagé 24 milliards de francs de travaux de rénovation, extension et construction de ses lycées par des contrats d’un nouveau genre mettant à contribution un financement privé de longue durée : les marchés d’Entreprise de Travaux Publics (METP). Il est notoire qu’un marché trop gros ait souvent du mal à rester honnête. Un gigantesque scandale politico financier s’en est donc suivi assorti de lourdes amendes pour les majors du BTP.

 

Cet épisode a été fatal aux METP dont le SNSO, dès l’origine, n’avait pas manqué de traduire l’acronyme par « Marchés Evidemment Très Pervers ». Toutefois, on n’a pas tardé à repeindre la brouette. Les METP sont devenus les Partenariats Public Privé (PPP) et puis à présent les Contrats de Partenariat.

 

Alzheimer est aussi passé par là, tant et si bien que la Région Ile de France remet aujourd’hui le couvert avec le même menu.

 

Lors de la Commission permanente du 22 novembre, le Conseil régional a voté le lancement de deux marchés de partenariat pour la reconstruction du lycée Jules Ferry de Versailles (2300 places, rentrée 2022) ainsi  que la construction  des lycées  de Pierrefitte

sur- Seine (1200 places nouvelles, rentrée 2021) et de Palaiseau (1400 places nouvelles, rentrée 2021). Ce n’est que le prélude d’un plan de plus grande ampleur.

 

Un argument massue prime tous les dommages collatéraux qu’en subiront nos entreprises : « l’urgence à traiter la vétusté des établissements compte tenu des carences passées ». Ce sont les mêmes raisons invoquées par la ville de Marseille qui engage un milliard d’euros de travaux en PPP pour ses écoles.

 

De plus la Région Ile de France, particulièrement zélée, va participer au financement des opérations à hauteur de 70%, soit le maximum légal autorisé. En d’autres termes, la collectivité prête à un opérateur privé 70% de son investissement pour en devenir son locataire obligé et lui verser des loyers pendant trente ans.

 

Dans un nouveau rapport accablant pour les PPP, rendu public en décembre, la Cour des comptes souligne que la pratique des PPP constitue une inquiétante fuite en avant. C’est comme Gribouille se jetant à l’eau pour ne pas se mouiller quand il pleut.

 

Inutile de souligner qu’à Paris comme à Marseille, le SNSO est monté au créneau avec les architectes, les autres professions de la maîtrise d’oeuvre et les artisans. Au-delà de la défense de nos propres intérêts, c’est aussi une question de civisme.


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