EDITO

Pénibilité et pragmatisme

La plus attendue par nos professions des quatre « ordonnances Macron », annoncées le 31 août dernier, était certainement celle concernant la pénibilité.

 

Rappelons que le compte pénibilité est un dispositif voté en 2013 dans le but de permettre aux salariés concernés un départ anticipé à la retraite ou une formation qualifiante. Un barème à points permet de constituer ces avantages selon une série de dix critères, au demeurant pertinents.

 

Mais comment les mesurer ? C’est relativement simple pour certains : travail de nuit, en 3x8, à la chaîne, en milieu sous-marin,…

 

Le bruit suppose déjà un référentiel plus compliqué. Le problème se corse avec les facteurs concernant plus directement le bâtiment : les postures pénibles, les vibrations mécaniques et la manutention manuelle des charges. A tourner et retourner ses méninges, personne n’est parvenu à définir un système de mesure à l’exposition qui soit praticable.

 

Tout au plus a-ton botté en touche, de report en report.

Force était donc de constater qu’il valait mieux déclarer forfait dans cette voie et en prendre une autre.


C’est le parti pris par l’ordonnance prévue en vertu de la loi d’habilitation du 2 août que vient de valider le Conseil Constitutionnel. Cette ordonnance renvoie à un décret dont la parution est prévue fin septembre. Il devrait se traduire notamment par la suppression des critères dont la mesure est pratiquement inapplicable dans le bâtiment. Ces facteurs seraient retirés du fonctionnement du compte pénibilité rebaptisé « compte professionnel de prévention » et traités dans le cadre d’un dispositif de retraite anticipée. Le financement serait couvert par la branche accident du travail et maladies professionnelles du régime général et les taxes spécifiques actuelles supprimées.


Un tel retour au pragmatisme est de bonne augure mais il reste à fixer ses détails, là où se cache habituellement le diable, toujours prompt à sortir de sa boîte. Notre syndicat reste donc très attentif.


En effet, tout ce qui mérite d’être fait vaut la peine d’être
bien fait.


 

Anciens éditos

 

Vous pouvez consulter nos anciens éditos, ici.

 

 Retour